Octhima, l’artiste française qui captive la Corée du Sud et Jeju

Octhima, l’artiste française qui captive la Corée du Sud et Jeju, horangout
septembre 17, 2026

Il y a quelques semaines, une amie connaissant ma passion pour les animaux et les parcours atypiques m’a partagé le profil d’une artiste française basée en Corée du Sud : « Tu vas voir, son histoire est incroyable ! »

Elle ne croyait pas si bien dire. Cette recommandation m’a fait découvrir une femme audacieuse qui a donné un nouveau départ à sa vie au Pays du matin clair. Native de Marseille, une ville de bord de mer baignée de lumière, elle a choisi l’île de Jeju pour faire rayonner son art.

Son nom d’artiste ? Octhima (Sandrine de son vrai prénom). La Corée l’inspire et son talent ne laisse personne indifférent. Déjà interviewée par KBS et des médias internationaux, elle a accepté de se confier à mon micro. Avec une sincérité touchante, elle me raconte son amour pour le dessin, l’Asie, la protection animale et son projet unique : présenter les Fables de Jean de La Fontaine au public coréen.

Plongée dans le parcours passionné d’une artiste en pleine renaissance.

Octchima, des rives de la Méditerranée à la magie de l’île de Jeju

Les fées de la mer et du soleil se sont penchées sur le berceau d’Octhima à Marseille. Enfant d’origine modeste, elle grandit émerveillée par les objets anciens que son père chine en brocante. Parmi eux, une petite boîte à musique représentant un palais asiatique en bois déclenche ses premiers rêves d’évasion.

En grandissant, sa curiosité pour l’Asie s’affirme. Elle étudie le chinois et le japonais, puis se passionne pour la Corée : son histoire, ses couleurs, ses légendes, ses palais et ses symboles.

Pourtant, le dessin reste longtemps une passion secrète. Sandrine mène d’abord une vie très classique : études de droit, puis carrière dans l’administration française. Maison, sécurité financière… tout ce que la société nous apprend à rechercher. Mais il lui manque l’essentiel.

Le déclic : un voyage révélateur en 2023

En 2023, elle pose pour la première fois le pied en Corée du Sud. Ce n’est plus un paysage lointain : c’est un coup de foudre artistique et une révélation.

Alors que beaucoup hésitent à franchir le pas, Sandrine fait preuve d’une audace immense : elle quitte tout pour s’installer sur l’île de Jeju avec deux de ses enfants. Elle adopte alors le nom d’Octhima (옥시마), une contraction affectueuse des prénoms de ses trois enfants : Océane, Thibault et Maelyne.

« Une exposition, ce n’est pas seulement peindre. Il faut transporter les œuvres, les protéger, les encadrer, gérer les assurances et la logistique internationale. « 

Octhima
Octhima, l’artiste française qui captive la Corée du Sud et Jeju, horangout

Un style unique entre tradition coréenne et touche française

Le talent d’Octhima séduit rapidement en Corée. Après une première exposition personnelle à Jeju, elle investit la Galerie Verger à Séoul en octobre 2025 avec l’exposition « Fables d’Orient et d’Occident ». Elle y réinvente les fables de Jean de La Fontaine en croisant les motifs traditionnels coréens et l’élégance française.

Une technique maîtrisée et des collaborations prestigieuses

  • Gouache et expérimentation : Autodidacte passionnée, elle délaisse l’acrylique pour la gouache, jouant avec les reliefs, les textures irisées et les effets métalliques.
  • Support narratif Moon Jars : Elle réinvente ces vases emblématiques coréens pour y raconter les paysages de Jeju et la faune menacée.
  • Ambassadrice ShinHan Art : Séduite par sa démarche, la prestigieuse marque de matériel artistique coréenne ShinHan Art en fait son ambassadrice.
  • Rayonnement international : En juillet 2026, elle participe à l’exposition internationale Vision au Palazzo Albrizzi-Capello à Venise.

Entretien avec Octhima : « Réaliser ses rêves sans attendre »

Nathalie Fisz : Quel a été l’élément déclencheur de ton déménagement en Corée ?

Octhima : J’ai compris que si je ne tentais pas cette aventure, je le regretterais toute ma vie. J’avais une situation stable en France, mais artistiquement, je n’étais pas à ma place. La Corée nourrissait ma création. J’ai pris une décision radicale : quitter la sécurité et partir à l’autre bout du monde.

Ce sont les mots de mon père avant de nous quitter qui m’ont guidée : « N’attends pas pour réaliser tes rêves, tu es une artiste, lance-toi ! » Je l’ai écouté, et mon seul regret est de ne pas l’avoir fait plus tôt.

N. F. : La France ne pouvait-elle pas te proposer cet accomplissement ?

Octhima : Mon choix n’est absolument pas un rejet de la France ! Je suis née à Marseille et mon identité française alimente mon travail. Mais un artiste ne choisit pas ce qui l’inspire de manière rationnelle. La Corée a provoqué un déclic : ses animaux symboliques, ses hanboks, ses légendes et sa capacité à faire cohabiter tradition et modernité m’ont subjuguée. Mon style s’est construit exactement dans cet espace, entre deux cultures.

N. F. : Te considères-tu comme une ambassadrice culturelle ?

Octhima : Ce serait prétentieux de l’affirmer. Au début, je voulais simplement peindre. Puis, le pont s’est créé naturellement. Les Fables de La Fontaine ont rencontré les symboles coréens. Si mon travail permet à un Français de découvrir un symbole coréen ou à un Coréen de redécouvrir son patrimoine sous un œil nouveau, j’en suis très heureuse.

N. F. : Le départ n’a-t-il pas été trop difficile à gérer en famille ?

Octhima : C’est la partie la plus difficile. Derrière les succès et les expositions, il y a la réalité du quotidien : la barrière de la langue, les démarches administratives, le doute, la solitude. Changer de vie et devenir artiste à plus de 40 ans ne se fait pas sans heurt. Aujourd’hui, mes proches et mes enfants comprennent ma démarche et voient que tout est possible.

La beauté fragile de la nature et des animaux de Jeju

N. F. : Comment vis-tu l’insularité à Jeju ?

Octhima : Jeju est fascinante. La mer, les paysages volcaniques, la faune… C’est une source d’inspiration inépuisable. Cependant, y vivre en hiver avec le froid et l’isolement demande un temps d’adaptation. J’aime l’équilibre entre l’énergie bouillonnante de Séoul et la sérénité brute de Jeju.

N. F. : Ton art sensibilise-t-il à la protection animale ?

Octhima : Je l’espère. En Corée, les animaux portent une symbolique spirituelle très forte (comme le Tigre blanc ou le Phœnix rouge). Lors de plongées à Jeju, apercevoir des dauphins sauvages m’a profondément marquée.

L’art a ce pouvoir d’émouvoir avant de faire réfléchir. En travaillant l’expression du regard de mes animaux, je cherche à créer une connexion intime. On protège toujours mieux ce que l’on a appris à regarder et à aimer.

Octhima, l’artiste française qui captive la Corée du Sud et Jeju, horangout

Un message d’espoir et d’engagement

Mon parcours montre qu’il n’y a pas d’âge pour accomplir ses rêves. Il faut regarder la culture de l’autre avec curiosité et respect pour créer du neuf.

Note de l’auteur :
Face aux récents incendies dévastateurs à travers le monde qui touchent durement la faune sauvage, les toiles animalières d’Octhima résonnent comme un hommage vibrant et urgent à la beauté fragile de notre planète. – Nathalie Fisz

Pour découvrir les œuvres et suivre l’actualité de l’artiste : Visiter le compte Instagram d’Octhima (@octhima.art)

AUTOR 🖋️ : Nathalie FISZ
📸 © : OCTHIMA
📍Propos recueillis pour HorangOut

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