Retour sur la table ronde avec SUOL, dessinatrice de Seule la mort attend la vilaine et de KIRI, créatrice de Mon vœu le plus sincère, aux éditions KOTOON.

Masterclass de Suol et KIRI lors du salon du livre de Montreuil
septembre 15, 2026

Pour les personnes n’ayant pas eu la possibilité de faire partie des chanceux, il était tout de même possible d’assister le samedi midi à une session d’échange avec les deux dessinatrices/créatrice le tout animé par Caroline Segarra et ce grâce à l’organisation de KOTOON autour d’une table ronde. 

Retour sur cet échange intitulé « Rêve de webtoon : De l’écran à la page » évoquant donc la transposition du numérique au physique avec la dessinatrice SUOL, de Seule la mort attend la vilaine et de KIRI, créatrice de Mon vœu le plus sincère

• Caroline Segarra : Pouvez-vous nous parler du processus de création d’un webtoon ? 

SUOL : Chaque personne fonctionne à sa manière et je vais donc pouvoir parler uniquement de la mienne. Dans un premier temps, j’ai une vision d’ensemble et il faut savoir qu’un chapitre fait entre 50 à 90 slides donc ensuite il faut penser au storyboard, par la suite il y a une étape de validation de la part de l’équipe éditorial et collaborateur direct et pour finir vient la validation. 
Il faut savoir qu’il y a beaucoup de recherche notamment pour les vêtements, les croquis sont donc validés aussi par l’équipe éditorial. 

Il faut savoir aussi que le langage entre le roman et les mangas/bd/webtoon est diffèrent, dans le roman, Penelope est la narratrice alors que dans le webtoon ce n’est pas le cas. 

Il faut aussi penser à comment adapter l’œuvre originale pour un support qui est complètement diffèrent, repenser à comment exprimer tel ou tel expression / sentiment. 

• Caroline : Pensez-vous à un cas en particulier d’un passage du roman pour lequel vous avez du tout repenser afin de l’illustrer ? 

SUOL : Je n’ai pas de contexte qui me vient à l’esprit immédiatement mais je pense notamment à une idée d’exemple, celui du nom de l’empire. En effet ce dernier est diffèrent entre le roman et le webtoon afin de faciliter la lecture.

• Caroline : Pensez-vous a des scènes ou points du roman que vous n’avez pas pu adapter dans le webtoon ? 

SUOL : Il n’y a pas beaucoup de scènes ou personnages qui ont été abandonné mais le roman est plus touffu/dense, c’est un fait, donc a dû condenser certaines parties. Je pense notamment les pensées que Reynolds peut avoir, cependant étant une grande fan du roman à la base, j’ai voulu me rattraper pour cela et j’ai donc plus travaillé les expressions, la gestuelle mais aussi les couleurs afin que certaines émotions puissent être retranscrites sans être énoncées clairement.  

• Caroline : On peut constater que le webtoon français émerge et qu’il y a beaucoup de série qui deviennent populaire. Kiri quel est ton processus de création ? Tu penses au scenario et ensuite tu dessines ? Qu’en est-il ? 

KIRI : Je ne suis pas l’exemple à prendre, je suis un cas catastrophique (rire). Pour la première saison, j’ai surtout fait beaucoup d’improvisation. Il faut savoir que j’ai participé au concours webtoon car j’avais des planches avec des blagues, des petites histoires et ce fut validé et c’est après que j’ai pensé au scenario. Pour la deuxième saison, je n’ai pas voulu refaire cette erreur et avoir un côté plus professionnel. Etant une personne aimant les webtoons et aimant mon webtoon j’ai donc fait un travail de scénariste et maintenant je peux le dire, j’ai mon fil rouge et je vais ensuite pouvoir diviser la saison en divers arc grâce à cela. Il faut savoir que pour moi, un arc fait environ 10 chapitres et avec la montagne de tension scénaristique que cela peut apporter. Et une fois tout cela fait, je m’occupe du storyboard, des croquis, des lignes, de la coloration etc.

• Caroline : Une belle maitrise des étapes maintenant. Peut-on savoir qui a contacté qui pour la publication physique? 

KIRI : C’est KOTOON qui est venu vers moi à la Japan Expo

• Caroline : Et là tu t’es dit qu’il allait falloir tout refaire ? 

KIRI : En effet et comme lorsque j’ai débuté, j’étais vraiment une débutante, quand je regarde ce que j’ai pu faire, je n’aime pas mes dessins du début. J’en ai donc profité pour retravailler les éléments qui me gênaient, notamment la perspective. Je me suis donc concentrée sur le premier tome, puis je n’avais pas trop le choix, mes dessins n’avaient pas le bon format en terme de pixel (rire).
Apres je ne pouvais pas me concentrer comme je l’aurais vraiment voulu sur la version papier car je devais toujours travailler sur la version digitale afin de sortir les épisodes sur webtoon. 

• Caroline : La romance est un thème présent dans les deux œuvres, il y a aussi des éléments de comédie et drama. Comment trouver le bon équilibre ?  

SUOL : Je risque d’être trop bavarde sur ce sujet (rire). La romance est un sujet captivant. L’amour et les émotions que vivent les personnages c’est tellement vaste. Comme la romance est un genre que j’apprécie, lorsqu’il s’agit d’adapter cela j’adore jouer avec les expressions des visages. La couleur aussi aide beaucoup a exprimer des émotions, pour l’empathie etc. En tant que dessinatrice j’adore l’esthétique et je peux dessiner des beaux personnages. 

KIRI : La réponse donnée par SUOL est tellement intelligente (rire). Dans mon œuvre la romance est quelque chose de secondaire et pour l’anecdote, lorsque j’ai signé avec webtoon je devais décrire le genre de mon œuvre cependant l’histoire est drôle mais pas toujours, elle peut être triste mais pas toujours non plus, il y a de la romance, mais ça met un certain temps à arriver dans l’histoire, du coup on a décidé de statuer sur un genre comédie-dramatique et que la romance n’est qu’un fil rouge et que ce dernier me sert d’excuse pour mettre l’accent sur d’autres sujets. J’avais ce souhait de traiter des sujets divers notamment les familles dysfonctionnelle, recomposée etc. 
J’étais pas du tout partir pour de la romance et c’est en voyant les divers commentaire que je suis partie sur cette piste et que j’ai donc commencé à écrire mon scenario comme évoquée précédemment (rire). La manière dont quelqu’un tombe amoureux peut donner beaucoup d’information concernant les attentes de cette personne et ce dont il a besoin. 

• Caroline : Vous avez des héroïnes avec une quête personnelle. Comment on arrive à gérer ce style un peu fantastique et qu’on intègre cela à l’histoire ?
SUOL : Pour le webtoon, la quête de Penelope est simple, elle veut survivre et si possible récupérer sa vie d’avant. Il y a donc un ressort d’intrigue formidable autour de cela. 

KIRI : La quête d’Api est de justement trouver son vœu le plus sincère et nous sommes amené à nous demander qu’elle est son vœu le plus sincère. Et à travers cela je souhaite montrer que ce n’est pas ce que l’on veut mais ce dont nous avons besoin et c’est une question vraiment compliquée, il faut plonger dans ses échecs, ses failles etc. et au final réfléchir a ce qu’est le bonheur. A partir de là, beaucoup de question en découle et je ne pensais pas me plonger dans ce thème-là. 
La réponse trouvait a mis en colère des lecteurs car ce n’était pas ce à quoi ils s’attendaient, cependant cela reste son vœu à elle, c’est le côté égoïste car un vœu est et restera quelque chose de propre à chacun. 

• Caroline : Les personnages masculin jouent un rôle central et ils sont dotés d’un charme, d’une beauté flagrante. Ma question est donc est-ce une caractéristique pour enrichir l’intrigue ou bien les décisions des héroïnes ?  

SUOL : Dans la romance, il y a toujours des beaux hommes et Seule la mort attend la vilaine a en fait un thème assez sombre. Il y a un fil directeur et Penelope a sa propre vision des choses. 
Avant d’arriver dans cet univers intégrant un jeu de simulation, son personnage était une joueuse acharnée donc sans dire de spoiler, cela peut vous donner une idée pour la suite de l’histoire. 

KIRI : Juste par curiosité, a main levé, j’aimerai bien faire un sondage entre les deux personnages masculins. C’est marrant que ce n’est pas du tout le résultat auquel je m’attendais (rire). 
Le personnage de Praince a été là pour être le love interest et pas particulièrement via son physique. Oxlov c’était le partenaire qui devait être le beau gosse de l’histoire et pour moi c’était quelque chose d’important que mon personnage féminin principal se pose même pas la question, qu’il y ait ce triangle amoureux, qu’elle allait voir le personnage de Oxlov pour autre chose qu’un potentiel male lead. 
Après mettre et dessiner un beau gosse c’était assez plaisant et pouvoir jouer sur cette dualité génie/humain permet ce côté fantastique. A retenir ce serait qu’ils sont beaux et que cela est cool (rire).  

Table ronde organisée par les Éditions KOTOON
Questions de Caroline Segarra
Réponses de SUOL via la traductrice « Kate » et de KIRI
Propos recueillit et retranscrit par Pauline LEGAILLARD pour KOREA.NET et Horang Out 

Envie de partager ?

Derniers articles du blog