PARISDABANG : L’artisanat de Gwangju

PARISDABANG, L'artisanat de Gwangju au PARISDABANG
août 11, 2026

“Façonner le Temps, Relier la Lumière” : quand l’artisanat de Gwangju traverse les frontières 

Du 20 au 22 février 2026, PARISDABANG a accueilli le travail de treize artisanes venues de la province sud-coréenne de Gwangju au sein de son espace ESCAL’ART. 

Installé au premier étage du café, l’événement “Façonner le Temps, Relier la Lumière” proposait bien plus qu’une simple exposition. Entre espace de vente et ateliers participatifs, il invitait les visiteurs à s’approcher au plus près des gestes artisanaux, jusqu’à les expérimenter eux-mêmes. 

Mais derrière la présentation d’objets et la transmission de savoir-faire, le projet tente quelque chose de plus subtil : déplacer, le temps d’un instant, un lieu, une manière de travailler et une sensibilité venue de Corée au cœur de Paris. Car derrière chaque création exposée se dessine d’abord une ville : Gwangju. 

Gwangju, une ville où l’artisanat reste vivant 

Située dans le sud de la péninsule coréenne, Gwangju est aujourd’hui reconnue comme l’une des villes artistiques majeures du pays. Elle accueille notamment la célèbre Gwangju Biennale, l’une des grandes manifestations internationales consacrées à l’art contemporain en Asie. Pourtant, au-delà de ces événements institutionnels, la ville se distingue surtout par un rapport singulier entre création et vie quotidienne.

Contrairement à Séoul, où l’art et le design évoluent souvent dans des circuits institutionnels ou fortement industrialisés, Gwangju conserve une relation plus directe entre les artisans, leurs ateliers et la communauté locale. 

Ici, l’artisanat ne se limite pas à des pièces destinées à l’exposition ou à la collection. Il circule dans les rues, les marchés, les cafés et les espaces partagés. Les objets ne sont pas seulement conçus pour être regardés : ils sont pensés pour être utilisés, manipulés et transmis. 

Cette continuité entre geste, objet et vie quotidienne constitue l’une des particularités de la scène artisanale de la ville. L’exposition présentée à ESCAL’ART cherche précisément à faire ressentir cette dimension : l’idée que l’artisanat ne se comprend pleinement que dans le contexte de la vie qui l’entoure. 

Une coopérative au cœur du projet 

Au centre de cette initiative se trouve la coopérative Beodeulsup Changjakso (버들숲 창작소 협동조합), installée dans le quartier historique de Yangnim-dong à Gwangju. 

Ce quartier, marqué par son architecture ancienne et son atmosphère artistique, est devenu au fil des années un lieu où se rencontrent ateliers d’artistes, cafés indépendants et petites galeries. C’est dans cet environnement que plusieurs artisanes ont choisi de travailler collectivement plutôt que séparément. 

La coopérative fonctionne à la fois comme un espace de production, de transmission et de diffusion. Les membres y partagent leurs ateliers, leurs outils et leurs expériences, tout en organisant des événements ouverts au public : démonstrations artisanales, cours ou rencontres culturelles. 

Les ateliers deviennent des lieux de rencontre, les boutiques se transforment en espaces de conversation, et les démonstrations artisanales ouvrent souvent la voie à des échanges autour de la langue, de la culture et des gestes du quotidien.

PARISDABANG : L'artisanat de Gwangju
L’artisanat de Gwangju au PARISDABANG

En invitant ces artisanes à Paris, PARISDABANG ne cherche donc pas seulement à montrer un artisanat coréen traditionnel. L’exposition propose plutôt de donner un aperçu d’un mode de création collectif, profondément ancré dans la vie d’un quartier et dans l’identité culturelle d’une ville coréenne. 

Treize artisanes, un lieu et des gestes à partager 

Les treize participantes de l’exposition, toutes membres de la coopérative Beodeulsup Changjakso, travaillent des techniques artisanales variées : éventails peints à la main, nœuds textiles traditionnels, incrustations de nacre, travail du cuir, gravure de sceaux ou encore accessoires inspirés du costume traditionnel coréen. 

À première vue, cette diversité pourrait donner l’impression d’un simple panorama des disciplines artisanales coréennes. Pourtant, la sélection repose sur un même critère : le rythme de la main. 

PARISDABANG : L'artisanat de Gwangju
L’artisanat de Gwangju au PARISDABANG

Au sein du café, l’exposition prend place dans un lieu de vie où les œuvres se mêlent naturellement aux conversations et au passage des visiteurs. Dans ce cadre ouvert, les ateliers se déroulent en petits groupes, prolongeant cette atmosphère d’échange et de proximité. 

Ce dispositif reflète l’esprit même des ateliers de Gwangju, où la transmission se fait au contact direct : un objet ne se comprend pas seulement en l’observant, mais en le fabriquant. 

Plusieurs disciplines sont ainsi proposées à l’initiation. Certains participants s’essaient à la gravure de sceaux en pierre, découvrant la précision nécessaire pour inscrire un motif dans la matière. D’autres apprennent à confectionner un portefeuille en cuir ou à peindre un éventail à l’aquarelle, deux pratiques qui révèlent la relation étroite entre utilité et esthétique dans l’artisanat coréen.

PARISDABANG : L'artisanat de Gwangju
L’artisanat de Gwangju au PARISDABANG

Les visiteurs peuvent également découvrir des techniques plus directement liées à l’histoire vestimentaire du pays, comme la création d’une épingle à cheveux réalisée à partir de fleurs d’oya ou la confection d’un ruban traditionnel daenggi, autrefois porté dans les coiffures féminines. 

D’autres ateliers explorent encore le travail délicat de la nacre ou s’inspirent d’objets emblématiques comme le gat, le chapeau traditionnel coréen, revisité ici sous forme de petit porte-clé. 

Dans chacun de ces moments, l’objectif ne se limite pas à produire un objet fini. Les participants découvrent aussi la résistance des matériaux, la précision nécessaire au geste et le rythme particulier du travail artisanal. L’objet devient alors le résultat d’une expérience concrète, où la main apprend autant que le regard. 

Une autre manière de montrer l’artisanat 

En choisissant de déplacer l’esprit d’un quartier de Gwangju plutôt que de présenter une simple collection d’objets, PARISDABANG, avec ESCAL’ART, propose une véritable expérience de l’artisanat coréen. 

L’exposition rappelle que ces créations ne naissent pas uniquement d’un savoir-faire technique. Elles émergent d’un environnement fait d’ateliers partagés, de discussions quotidiennes et de relations de proximité entre artisans et habitants. Chaque objet est ainsi le reflet d’un lieu, d’une communauté et d’un rythme de travail qui s’inscrit dans la vie ordinaire. 

En recréant temporairement ce contexte à Paris, PARISDABANG transforme l’exposition en une expérience plus large. Le café devient un espace de transmission où la matière, la main et le dialogue deviennent les véritables points de connexion entre deux cultures.

AUTOR 🖋️ : Angèle Behlouli
📸 © : PARISDABANG
📍Article publié sur la plateforme honoraryreporters.korea.net

Informations pratiques :

PARISDABANG
Bingsu, Café, Art & more
du mar au sam, 12h-19h
& dim, 12h-18h

Escal’Art du café Paris Dabang (à l’étage)
6 rue de la folie méricourt, Paris, France 75011

L’exposition est terminée .

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