Entretien avec HWANG BYEONG GUG, réalisateur du film YADANG : THE SNITCH

HWANG BYEONG GUG, Entretien, FFCP, YADANG THE SNITCH
août 10, 2026

Lors du Festival du Film Coréen à Paris, qui a eu lieu du 28 octobre au 4 novembre, le film YADANG : THE SNITCH a été présenté au public.

Ce dernier est un film d’animation qui est sorti en Corée en avril 2025. 

Synopsis : 

Kang-su est un “yadang”, un informateur professionnel qui rencarde la justice et les forces de l’ordre sur les trafics de drogue. Son business est florissant, d’autant qu’il est le yadang attitré de Ku Kwanhee, un procureur qui monte dans les sphères judiciaires. Mais un coup de filet des stups, dans une soirée où se trouve le fils d’un candidat à la présidentielle, va mettre en péril l’avenir – et la vie – de Kangsu.

A cette occasion, le réalisateur HWANG BYEONG GUG était présent au FFCP et a participé à un échange avec le public français.

Retour sur cet entretien

QUESTION : Pouvez-vous nous expliquer comment les acteurs ont été choisi ? 

RÉPONSE : Pour être honnête, trouver l’acteur pour le rôle principal fut compliqué car c’est quelqu’un qui se drogue, et il le fait « lui-même » dans le film. KANG HANEUL fut un nom mais je pensais à d’autres aussi cependant, les autres noms que je pouvais avoir en tête ont été frileux car ils étaient lié à des sponsors et ont donc refusé. Le seul qui a osé accepter c’est KANG HANEUL. 
Concernant l’acteur HAEJOON, celui qui a le rôle du policier des stups, nous avions déjà travaillé ensemble en tant qu’acteur sur 12/12 et j’avais beaucoup apprécié. 
Concernant HAEJIN, nous avions aussi déjà travaillé ensemble et nous sommes même devenu ami par la suite, donc son intégration dans le casting s’est fait tout naturellement. 

QUESTION : Comment avez-vous réussi à régulier les scènes qui sont parfois violentes/cruelles ? Comment réguler ce niveau de violence à l’écran ? 

RÉPONSE : Lors de la réalisation du film, j’ai pu rencontrer beaucoup de personne liée aux stups. J’hésitais concernant le réalisme en pensant au public qui allait venir voir le film, puis je me suis dit que le film allait finir « déconseiller aux moins de 18 ans » (en Corée du Sud) et du coup j’ai pu me lâcher et faire ce que je voulais vraiment faire et montrer ce que je voulais car le film allait être pour un public averti. 

QUESTION : Lors de la scène ou nous voyons le procureur qui voit des insectes, est-ce car c’est un ancien drogué ? Et quel point de vu avez-vous sur la drogue en Corée du Sud ? Notamment par rapport aux derniers articles qui ont pu sortir. 

RÉPONSE : J’ai travaillé sur le scénario pendant 2 ans, et lorsque je travaillais sur ce dernier, je me suis émergé dans le milieu. Je suis allé dans des endroits tenu secret du public. J’ai fait beaucoup de recherche. Je voulais vraiment réaliser un film qui montre ce milieu de manière réaliste. 

Je ne me drogue pas, mais en Corée du Sud, le problème est assez grave et je souhaitais que le film puisse servir d’avertissement aussi et éviter que cela se propage encore plus. 

Nous avons aussi interviewé beaucoup de personnel de la brigade des stups ainsi que des procureurs, cependant plutôt que de me concentrer uniquement sur les personnes qui attrapent et condamnent des toxicos, j’ai voulu aussi en rencontrer. Cependant il y a eu un malentendu car la police a pensé que j’étais à la recherche de drogue et ils m’ont fait passer les tests de dépistage comme n’importe quelle personne lambda.  Du coup, j’ai trouvé ça drôle de mettre le commissariat dans lequel je me suis retrouvé dans l’affiche. C’est donc le commissariat qu’on voit en 2nd plan. 

D’ailleurs ce moment fut aussi drôle que stressant car lorsqu’ils m’ont fait passer le test de dépistage, cela se fait via un test urinaire, pour détecter la méth et la DHC, lorsque j’ai vu le résultat j’ai vu 2 lignes s’afficher, donc j’étais choqué car je pensais que ce dernier était revenu positif. Devant ma réaction, le policier a rigolé et m’a donc appris que c’était l’inverse pour les tests de dépistage de drogue. 1 ligne signifie positif, 2 négatif.

QUESTION : Lors d’une scène, on voit que l’arme du crime pour un vol est une disqueuse. Comme pour le vol du Louvre. Avez-vous réussi à anticiper cela ? (Rire de la salle) . 
Le film traite un sujet qui est grave, avez-vous voulu dès le début des moments de légèreté ? 

RÉPONSE : J’ai suivi les informations avec attention concernant le vol qu’il y a eu au Louvre, mais je ne crois pas que les coupables aient été arrêter. 

En tant que réalisateur, nous avons toujours envie de faire quelque chose qui n’a jamais pu être fait avant. Donc nous cogitons beaucoup et j’avoue que j’apprécie les films traitant un sujet lourd/grave mais que ce dernier est fait de manière ludique, voire, distrayante. Et je trouve que ce film comporte tout cela avec un rythme soutenu. 

QUESTION : Est-ce que vous avez une scène favorite ou une anecdote sur le film ? J’ai relevé des similarités avec le film VETERAN, est que vous vous en êtes inspiré ou pas du tout ? 

RÉPONSE : VETERAN ? C’est drôle cette remarque car… Je joue dans ce film. En vérité, je joue dans 2 scènes (rire). Je ne sais pas si cela a une influence mais lors de la préparation du film j’avais pour objectif que les gens ne touchent pas à leur téléphone durant toute la séance. Je ne voulais pas que le public s’ennuie. 

Cela m’a pris 14 ans pour boucler ce film. Avant les réalisateurs avaient beaucoup de temps pour tourner ce qui n’est malheureusement plus le cas et les temps de tournage sont réduit. (14 ans entre l’idée, scenario, casting, tournage, montage).

Lors du tournage, jusqu’au 5eme jour, cela fut difficile cependant grâce à l’équipe nous avons pu tenir les délais et aussi important, tenir le budget alloué. 

Comme je le disais, ce fut 14 années de travail pour réaliser ce film, et pendant que je travaillais sur ce dernier, je préparais aussi 3 autres films avec des scenarios fini. Comme mon idée ne voyait pas le jour, pendant ce temps j’ai fait le jouer d’être pas derrière mais devant la caméra et j’ai tourné dans une trentaine de film. 

QUESTION : Comment sont les peines concernant la drogue en Corée du Sud ? Et concernant les indics, est ce qu’il y a vraiment la possibilité de réduction de peine voir incarcération comme nous pouvons le voir dans le film ou est-ce purement de la fiction ?? 

RÉPONSE : En Corée du Sud, la réduction de peine n’existe pas dans le système judiciaire SAUF lorsque cela concerne la drogue. 

Dans les autres affaires pénales comme les meurtres, les viols, les cambriolages, les arnaques, à chaque fois il y a des victimes qui portent plainte et un coupable qui est arrêté. Cependant dans la drogue, il n’y a pas vraiment de victime à proprement parler, donc il n’y a pas de plainte et peu d’informations sont trouvables. Lorsqu’une personne a des informations pouvant permettre d’attraper des dealers etc. ce dernier aura en effet une possible réduction de peine. Ce que vous pouvez voir dans le film sur ce sujet est donc une réalité. 

QUESTION : A Madagascar, il y a un réel problème de drogue ou l’usage de l’héroïne a explosé. C’est un phénomène dans lequel même des jeunes enfants se droguent afin de suivre « la mode ». Est-ce pareil en Corée du Sud ? Est-ce qu’il y a des mineurs qui se droguent et comment cela se fait-il ? 

RÉPONSE : En Corée du Sud, il y a très peu de mineur qui se drogue car cela coute très cher. 1 gramme coute 700 000 wons (environ 412 euros en novembre 2025), et sur le gramme que vous venez d’acheter il y a 0,77g pure donc ça permet de se prendre 10 shoots et sur les 10 fois, jusqu’à 1, on en ressent l’efficacité. Je commence à me faire peur avec toutes ses connaissances sur le sujet (rire). 

Il faut savoir que même si vous attrapez les dealers / fournisseurs, nous avons tendance à penser que cela va diminuer le problème et resoldera ce dernier. Cependant, lorsqu’il y a un qui est arrêté, 2 autres prennent le relais. En vrai, dans un monde utopique, l’Ideal serait de réduire dans un premier temps le nombre de consommateur, car cela se base sur le même système mondial qui est celui de l’offre et la demande. Donc en réglant ce problème, l’autre suivra.

Il faut savoir aussi que les toxicos ne sont pas des personnes à part / spéciaux. Si dans mes proches, un de mes amis aurait été toxico, il n’aurait pas été impossible que je le devienne aussi petit à petit. 

Lorsque nous voyons des gens qui se droguent, il faut savoir qu’ils n’ont pas les mêmes réactions que dans les films ou drama. Donc si on en prend pour la première fois, on peut se dire « je ne réagis pas comme dans le film » donc on se sent rassuré après la première injection et cela n’a pas trop d’effet, vous n’allez pas y penser pendant 1 mois, puis le mois va devenir 3 semaines, puis 2 puis après ce sera un manque quotidien. 

Avez-vous un mot pour clôturer cet échange ?

Le film est sorti dans les salles obscures sud-coréennes en avril 2025, et je n’avais pas eu la chance de le voir à nouveau depuis donc cela m’a fait fortement plaisir. De plus, les réactions du public parisiens étaient beaucoup plus vives et passionnée donc je vous remercie beaucoup d’être venu voir mon film. 

Retranscription Pauline LEGAILLARD pour Korea.Net & HorangOut

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